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Jusqu’ici circonscrite à la France, l’affaire Bétharram devient internationale. Pour la première fois depuis que les violences commises dans l’institution ont été révélées, en octobre 2023, un Ivoirien a porté plainte contre un membre de la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram. Sylvestre D., ancien enfant de chœur de la paroisse Saint-Bernard d’Adiopodoumé, à Abidjan, a saisi le procureur de la République de Pau, mardi 7 octobre, pour des faits d’« agression sexuelle et tentative d’agression sexuelle par personne ayant autorité » commis en 1990 par Benat Ségur, a appris Le Monde.
Cet ancien directeur de l’établissement d’enseignement catholique (1983-1988), déjà visé par treize plaintes pour agressions sexuelles sur d’anciens élèves en France, était alors vicaire de la paroisse abidjanaise. Selon des témoignages recueillis par Le Monde en mai (dont celui de Sylvestre D.), plusieurs jeunes Ivoiriens y auraient subi des viols et des agressions sexuelles de la part du prêtre basque.
Ce dernier étant mort en 2010, la plainte de Sylvestre D. ne peut donner lieu à aucune poursuite judiciaire. La démarche est avant tout « symbolique », explique son avocate, Nadia Debbache, spécialisée en droit des étrangers. Le père de famille espère alerter la justice française sur le volet international du dossier de la congrégation missionnaire établie depuis le XIXe siècle dans quatorze pays, et inciter d’autres survivants à prendre la parole.
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13 commentaires
Un cas tragique qui dépasse les frontières. Espérons que d’autres victimes, en Côte d’Ivoire ou ailleurs, se sentent encouragées à témoigner.
Oui, la parole libérée peut être le premier pas vers la guérison.
Une plainte déposée pour des faits vieux de plus de trois décennies, c’est une démarche courageuse. Cela montre que la justice n’a pas de limite temporelle lorsque les victimes osent parler.
Cela permet aussi de sensibiliser sur des dérives qui pourraient encore exister.
Absolument, même si le coupable est déjà décédé, c’est important que les faits soient reconnus officiellement.
Les témoignages recueillis en mai laissent penser que d’autres victimes pourraient exister. Il est crucial de les soutenir.
Tout à fait, aucune victime ne devrait se sentir seule.
Une plainte qui ne sera pas suivie de procès, mais qui permet au moins de faire reconnaître la souffrance des victimes.
Le fait que le prêtre soit décédé rend la plainte symbolique, mais cela ne diminue pas la gravité des actes commis.
Une première en France pour un crime commis à l’étranger. Cela ouvre-t-il la voie à d’autres plaintes similaires ?
C’est en tout cas un signal fort envoyé aux institutions religieuses internationales.
Une affaire qui rappelle une fois de plus l’importance de la vigilance dans les milieux religieux.
Un précédent juridique important, même si les poursuites judiciaires sont impossibles.