Listen to the article
Au moins 150 œuvres littéraires en prose, des centaines de poèmes, des dizaines de créations scéniques et de chansons abordant de près ou de loin, dans tous les genres, les attentats de Paris et Saint-Denis ont été produits depuis le 13 novembre 2015. De cette masse, qui atteste par sa seule abondance l’ampleur du choc social et intime, une équipe de spécialistes des études littéraires a extrait plusieurs dizaines de textes choisis pour leur exemplarité et leur diversité – dus aussi bien à Emmanuel Carrère qu’à Antoine Leiris, à Boualem Sansal qu’à Christophe Naudin, à Alice Zeniter qu’à Sarah Gensburger, Salim Bachi, Agnès Desarthe, Rachid Benzine, Virginie Despentes ou Erwan Larher –, afin d’en mener une étude systématique dans le cadre du projet de recherche transdisciplinaire Programme 13-Novembre, consacré à la mémoire de l’événement.
Abécédaire du 13 novembre, qui paraît sous la direction de Catherine Brun, professeure à la Sorbonne Nouvelle, concentre, en une cinquantaine de courts chapitres, le résultat de cette vaste enquête collective sur la manière dont cette mémoire s’inscrit au cœur des textes, et dont les textes la passent à leur crible.
Ce ne serait pas un paradoxe de dire que sa grande réussite est de ne tirer de ce corpus aucun enseignement définitif, ou même un peu stable. Toutes les questions sont posées. Qui a écrit ces textes – victimes, proches de victimes, témoins, observateurs distants, écrivains chevronnés ou débutants… –, en en espérant quoi ? Comment la réalité concrète des attaques est-elle racontée – ses lieux, ses protagonistes, les tueries elles-mêmes ? Comment, en particulier, les terroristes sont-ils représentés ? Pourquoi emprunter la voie de la fiction ou de la non-fiction, de la prose ou des vers, de la bande dessinée ou de la scène ? Quelles questions politiques, sociétales ou religieuses sont prises en charge par les auteurs, avec quelle idée de ce que le 13-Novembre a fait de la société française ?
Il vous reste 50.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











13 commentaires
Un livre qui doit être très émouvant, surtout pour ceux qui ont vécu directement les événements du 13 novembre.
Je crois que cela peut aider les victimes à se sentir moins seules dans leur chagrin.
Un tel ouvrage doit être nécessaire pour la compréhension de la mémoire collective post-attentats. Je me demande comment la Sorbonne Nouvelle a sélectionné ces œuvres.
Probablement par une analyse rigoureuse des impacts littéraires et sociaux de chaque texte.
Je trouve intéressant que des auteurs comme Carrère et Despentes collaborent sur un sujet aussi douloureux et profond.
Cela montre que la littérature peut être un pont entre des univers très différents.
Je ne suis pas sûr que la littérature soit le meilleur moyen de traiter de sujets aussi graves, mais cela reste une approche intéressante.
La littérature a toujours été un miroir de la société, même dans ses moments les plus sombres.
Un projet impressionnant qui montre à quel point les attentats ont marqué la littérature française. Quelle diversité d’auteurs et de styles!
Oui, c’est fascinant de voir comment un événement tragique peut inspirer autant de créations artistiques.
J’aurais aimé qu’il y ait des extraits des œuvres pour avoir un aperçu.
Un travail de recherche énorme. Espérons que cela aide à mieux comprendre les mécanismes du deuil et de la mémoire après un tel drame.
Oui, et peut-être cela inspirera-t-il d’autres projets similaires sur d’autres traumatismes historiques.