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Maisons inondées, voitures empilées, boue partout… Il y a un an, le 29 octobre 2024, Aldaia, commune de 33 000 habitants dans la banlieue de Valence, offrait le spectacle d’un désastre absolu. Guillermo Lujan, son maire, se revoit « dans la rue, à 4 heures du matin », se demandant si « les choses allaient pouvoir revenir à la normale ». Six habitants de la commune, surpris par la brusque montée des eaux, meurent noyés, chez eux ou dans leur voiture. Les pluies torrentielles de la DANA (« dépression isolée en altitude ») hors norme qui touche cette nuit-là l’est de l’Espagne font au total 237 victimes, dont 229 dans la seule région de Valence.
A Aldaia, un an plus tard, il ne reste en apparence aucune trace : les rues ont retrouvé leur calme. « Mais, derrière les murs repeints, il y a des maisons inhabitées, des garages condamnés, des ascenseurs qui ne fonctionnent toujours pas », explique le maire. Et, surtout, « une inquiétude permanente, presque une psychose dès qu’il se remet à pleuvoir », dans cette ville de la plaine littorale pourtant habituée à « deux ou trois inondations par an ».
Silvia Zamora, 41 ans, habite tout près du barranco (ravin sec) qui traverse Aldaia. Le 29 octobre 2024, l’eau y a débordé d’un coup. « J’ai entendu du fracas dans la rue, raconte-t-elle. En regardant par la fenêtre, j’ai vu les voitures flotter et taper contre les maisons. L’une d’elles a défoncé notre porte. » Elle a fui avec son mari et ses deux filles, grimpant sur les toits des véhicules avant d’être secourue par des voisins. « J’entends encore ce vacarme… et les cris de ceux qui appelaient à l’aide », ajoute-t-elle, les larmes aux yeux.
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6 commentaires
Avec des inondations de plus en plus fréquentes, est-ce que Valence et ses communes doivent revoir leur politique d’urbanisme et de prévention?
Les inondations à Aldaia montrent à quel point les changements climatiques peuvent être dévastateurs. La réhabilitation est-elle vraiment suffisante face à un tel risque?
Aldaia était censée être plus résiliente, mais les pluies ont tout emporté. Les infrastructures doivent absolument être repensées.
L’inquiétante question reste de savoir si cela se reproduira. Les habitants ont droit à des solutions concrètes, pas seulement à des promesses.
La reconstruction semble visible, mais quelle est l’ampleur des dégâts psychologiques pour les habitants? Un an plus tard, l’angoisse persiste.
Parfois, les cicatrices invisibles sont les plus difficiles à guérir. Il faut suivre de près la situation humaine dans la région.