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Deux spectacles suffisent-ils à dessiner une perspective d’ensemble ? Réponse affirmative à Rennes, où le Festival TNB, pour « Théâtre national de Bretagne », a déployé ses ailes en direction d’horizons imaginatifs grâce, notamment, au Sud-Africain Steven Cohen, performeur et concepteur de People Will People You, et au duo Florence Janas-Guillaume Vincent, cocréateurs et acteurs de Paradoxe.
Deux spectacles d’ouverture et, d’entrée de jeu, un parti pris s’impose qui tourne le dos au vraisemblable et fuit le naturalisme. Le postulat de ces artistes ? S’adosser à ce qui est la marque de fabrique et la prérogative absolue du théâtre : le travestissement. Mais qu’est-ce que se travestir en 2025, lorsqu’on participe à un festival réputé pour son goût de l’émergence, de la modernité et de la pluridisciplinarité ?
Nul besoin de robes à paillettes ou de perruques choucroutées pour que, à Rennes, je soit un autre. Un simple détail fait l’affaire, grâce auquel la représentation peut déserter les pesanteurs du réalisme pour s’acheminer vers la métaphore, l’inconscient ou le surnaturel. Les vies évoquées se comprennent d’autant mieux par le sensible et l’intuition qu’elles ne répondent à aucune logique apparente. Elles se recomposent au sein de fictions où les personnages prennent leurs aises avec la rationalité.
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19 commentaires
Pourquoi certains spectacles feraient-ils fuir le naturalisme ? Est-ce une nécessité ou une envie de se démarquer ?
Se démarquer fait aussi partie du jeu, surtout dans un festival réputé pour son innovation.
Cela semble être une nécessité artistique pour explorer des thèmes plus profonds.
Steven Cohen et le duo Janas-Vincent ont marqué cette édition. Leurs travaux méritent- ils une attention particulière ?
Ils sont reconnus pour leur capacité à mêler le poétique et le politique, ce qui les rend incontournables.
Festival TNB : une escapade imaginative à Rennes. Quels enjeux culturels cette orientation artistique implique-t-elle ?
Elle illustre la volonté de rester à la pointe des tendances artistiques, tout en provoquant un débat sur l’avenir du théâtre.
Le festival mise sur la pluridisciplinarité. Comment concilier autant de styles sans perdre en cohérence ?
La cohérence doit être recherchée à travers les thématiques plutôt que les formes.
C’est un défi, mais cela peut aussi être une force si chaque spectacle apporte sa propre lumière à l’ensemble.
Le thème du travestissement semble particulièrement riche en 2025. Quel est l’impact de cette exploration sur la perception de l’identité personnelle ?
C’est un angle original, mais je me demande si cela ne risque pas de brouiller les messages des artistes au lieu de les clarifier.
Une question fascinante, surtout dans un contexte où les frontières entre réalité et fiction s’estompent de plus en plus.
Intéressant de voir comment le festival TNB pousse les limites de la représentation. Les spectateurs sont-ils prêts à suivre ?
Absolument, l’auditoire d’un festival comme celui-ci est généralement en quête de nouvelles expériences artistiques.
Quitter le réalisme pour la métaphore, un choix audacieux. Quels conseils ces artistes pourraient-ils donner pour travailler cette transformation ?
Ils insistent sûrement sur l’importance de la suggestion plutôt que de la démonstration.
Déserter le réalisme pour explorer l’inconscient, voilà une idée audacieuse. Quel est le public cible de ces performances ?
Probablement les amateurs d’art contemporain et de théâtre expérimental, toujours en quête de nouvelles sensations.