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Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, Eric Zemmour préconisait que Molenbeek-Saint-Jean (Belgique) soit « bombardée ». En 2017 et 2022, Geert Wilders et Filip Dewinter, les leaders d’extrême droite néerlandais et flamand, voulaient y organiser des « safaris de l’islam » – finalement interdits. En avril 2022, Conner Rousseau, dirigeant de la gauche socialiste en Flandre, affirmait que lorsqu’il traversait la ville en voiture, il « ne se sentait pas en Belgique ».
C’est là que résidaient, ou gravitaient, des terroristes de l’attentat du 13-Novembre, les frères Brahim et Salah Abdeslam, Abdelhamid Abaaoud, Mohamed Abrini – rentré en Belgique la veille des attentats. D’autres, ressortissants belges ou français, étaient en lien étroit avec la cellule de Molenbeek, où l’on voudrait aujourd’hui oublier le passé, les amalgames et la stigmatisation. Mais seuls les plus jeunes semblent vraiment sincères quand ils disent ne pas se souvenir. Comme Jalil et Khalid, 16 et 17 ans, qui discutent en cet après-midi de la fin octobre sur un banc du Parc Ouest, « espace d’attraction communautaire », selon un panneau apposé à l’entrée. « Salah Abdeslam ? Oui, j’en ai entendu parler à l’école. Il est le seul survivant et en prison, non ? Mais il a fait quoi, exactement ? », interroge le premier.
Olivier Vanderhaeghen, lui, estime que « l’onde de choc se prolongera longtemps encore, durant deux ou trois générations sans doute ». Ce géant de 48 ans a été pendant six ans ce qu’on a appelé le « M. Radicalisme » de la commune. En février 2022, il a livré son témoignage devant la cour d’assises spéciale de Paris, racontant comment des jeunes qu’il avait côtoyés avaient adhéré à un islam radical, « certains par défi, d’autres par dépit ». Ahmed El Khannouss, président du Centre public d’action sociale (CPAS) de la ville, évoque lui aussi « le long traumatisme de Molenbeek », jugeant toutefois qu’il est « en train de s’estomper ».
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22 commentaires
Un reportage au sol aurait peut-être permis de mieux comprendre les dynamiques locales.
C’est un point faible de l’article, il manque des témoignages plus profonds.
Les extrémistes de tous bords ont souvent instrumentalisé des quartiers comme Molenbeek pour servir leur discours.
C’est vrai, mais cela ne doit pas empêcher les initiatives locales pour réparer les stigmates.
Molenbeek a payé un lourd tribut pour des actes commis par une minorité. Dommage que certains médias ne retiennent que ça.
Les médias privilégient souvent le sensationnalisme, c’est un problème récurrent.
Le vécu des jeunes d’aujourd’hui contrastent avec les préjugés Ancien d’une partie de la société.
Il faut écouter ces voix nouvelles pour construire un avenir meilleur.
Articles comme celui-ci sont essentiels pour montrer la complexité des réalités sociales.
Tout à fait d’accord, il faut éviter les simplifications.
Comment sortir d’un héritage aussi pesant sans nier le passé mais sans non plus s’y enfermer ?
C’est une démarche collective qui prendra du temps.
La réconciliation passe par la collecte de récits variés.
Le Parc Ouest semble être un symbole positif de mixité culturelle.
C’est un espace qui peut aider à briser certains stéréotypes.
Un article intéressant qui montre comment une ville comme Molenbeek tente de surmonter un passé lourd.
Mais la pauvreté reste un défi majeur, il ne faut pas oublier cette dimension.
Oui, c’est important de donner la parole aux jeunes, qui n’ont pas vécu les mêmes traumatismes.
La stigmatisation a peut-être diminué, mais les politiques sociales doivent suivre pour un véritable changement.
Les mentalités évoluent, mais les actions concrètes sont indispensables.
On oublie trop souvent que Molenbeek est tout sauf un bloc homogene.
C’est une quête de représentation qui mérite plus d’attention.