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Mourad Boudjenane a été condamné, vendredi 13 février, à vingt-cinq ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Rhône, à Lyon, pour le meurtre de son ex-conjointe devant trois de leurs enfants (sur quatre), en mai 2022.

« La cour ne considère pas que c’est la peine maximale » qui est la plus adéquate, a commenté la présidente de la cour, Marie Thevenet, alors que la perpétuité avait été requise contre l’accusé, déjà condamné pour violences sur une autre ex-compagne. La peine est assortie d’une période de sûreté des deux tiers et de la suppression de l’autorité parentale.

L’avocate générale, Dorothée Perrier, avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité contre Mourad Boudjenane, 50 ans, en évoquant « un meurtre typique des féminicides ». Pour la magistrate, l’accusé a commis sur son ex-conjointe, « un meurtre en représailles, pensé avec la volonté d’annihiler, avec acharnement, en l’égorgeant alors qu’elle était déjà agonisante sur le sol et dans un contexte de violences répétées, et de poursuites judiciaires ». « Tuer sa compagne a été la seule manière de se la réapproprier définitivement », a-t-elle assuré.

Nathalie Ducrot, 33 ans, avait été tuée le soir du 8 mai 2022, devant sa maison à Grézieu-la-Varenne, à l’ouest de Lyon, sous les yeux de leurs trois filles, alors âgées de 4 à 10 ans, et de l’une de leurs amies.

L’autopsie avait relevé 54 plaies sur le visage et le corps de la jeune femme, certaines ayant pu être causées par un marteau, d’autres par un objet tranchant d’au moins 15 centimètres, notamment une profonde plaie latérale le long de la gorge. « La plaie la plus profonde fait 15 centimètres. Sur le gabarit de Nathalie, 15 centimètres, c’est terrifiant », a assuré Mme Perrier.

Dans ses réquisitions, elle a cité les auditions des filles de l’accusé, quelques jours après les faits et diffusées lors du procès. « Je pense que vous n’oublierez pas les mots de Jade, dont les pieds ne touchaient même pas le sol, mimant les gestes avec lesquels son père a tué sa mère », a-t-elle déclaré, rappelant un moment qui avait beaucoup ému la salle d’audience jeudi.

Multiples plaintes

Sa mort est intervenue alors qu’elle avait en sa possession un téléphone « grave danger » qu’elle n’a pas utilisé au moment de son agression. Elle avait porté plainte à de multiples reprises contre son ex-conjoint, qui était placé sous contrôle judiciaire depuis mars 2022 et avait interdiction d’entrer en relation avec elle. L’accusé avait aussi déjà été condamné pour violences sur une autre ex-compagne.

En fin de matinée, les avocates des parties civiles ont appelé les jurés s’en allant délibérer à être « aussi courageux que Nathalie qui a tant lutté pour sortir de ces violences ». « Aujourd’hui, peut-être pour l’unique fois de votre vie, vous aurez l’occasion de faire quelque chose pour que ça s’arrête », a plaidé Me Pauline Rongier, qui défendait notamment les enfants, la mère et la sœur de la victime, en référence au décompte des féminicides.

L’avocate de la défense, Florence Vincent, a dénoncé un réquisitoire « implacable, injustifié », qui « ne répondra à rien ». « Ça ne réparera rien, ça ne consolera personne », a-t-elle estimé. « Un lieu de justice n’est pas un lieu de vengeance, ce n’est pas une tribune » a-t-elle martelé, qualifiant l’acte de son client de « crime de désespoir ».

« A aucun moment je n’ai voulu tuer Nathalie, je lui demande pardon, même si elle n’est plus là. Je demande pardon à sa famille. J’espère qu’ils ne me pardonneront jamais », a déclaré l’accusé. « Je vivrai avec ça toute ma vie, je le mérite », a-t-il déclaré, avant que les jurés se retirent pour délibérer.

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