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A force de prétendre « rationaliser » l’action publique, l’Etat finit par détruire ce qui lui permet d’en renouveler les modalités et l’efficacité. Dernière cible en date, le GIP EPAU [groupement d’intérêt public L’Europe des projets architecturaux et urbains], opérateur interministériel singulier, conduit depuis des années d’ambitieux programmes nationaux de recherche-action et d’expérimentation. Ses champs d’intervention sont larges : logement, architecture, urbanisme, politiques territoriales, transition écologique et biodiversité. Sa méthode est claire : organiser le dialogue entre l’Etat et les collectivités, et la coopération entre chercheurs, concepteurs, élus, professionnels et citoyens au niveau local, afin de renouveler l’action publique et la démocratie.

Ses actions portent sur des enjeux centraux tels les effets sociaux et environnementaux des mouvements de métropolisation, la recomposition des territoires ruraux et des petites villes, l’adaptation du logement et de l’architecture à l’évolution des modes de vie, au vieillissement de la population et au changement climatique ou la prise en compte de la biodiversité et des ressources naturelles dans les projets urbains et territoriaux. Autant de travaux de recherche et d’expérimentations indispensables pour soutenir la transition socio-écologique et outiller les politiques locales.

Mi-décembre 2025, nous apprenions avec stupeur l’arrêt de ses missions, la réduction drastique de son budget, avec pour effet la suppression ou le transfert de ses programmes centrés sur l’observation des projets et stratégies territoriales (POPSU), l’innovation dans le logement (Engagés pour la qualité du logement de demain), la préservation de la biodiversité (Erable), ou encore le concours d’architecture Europan, actif depuis plus de 35 ans. Cette décision conduit aussi à mettre les 21 salariés du GIP EPAU au chômage.

Brutalité de l’annonce

Or, quelques jours auparavant, étaient présentés à la Cité de l’architecture et du patrimoine les dix projets lauréats de la consultation internationale « Quartiers de demain », dernier-né des programmes, lancé fin 2024 par le président de la République pour améliorer le cadre de vie des habitants de quartiers populaires, en les associant à toutes les étapes des projets. Le travail du GIP EPAU était alors unanimement salué par les ministres du logement et de la ville, de la culture et de la transition écologique, les maires présents et les équipes pluridisciplinaires engagées.

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