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Il avait été le dernier patron de ce qui fut la Compagnie générale d’électricité (CGE), énorme conglomérat qu’il avait lui-même rebaptisé « Alcatel Alsthom », avant d’en être brutalement évincé en 1995 pour un délit dont il sera finalement blanchi. Pierre Suard a vécu 30 années avec ce qu’il considérait à la fois comme une injustice personnelle et une décision fatale à son entreprise. Il est mort le 27 novembre 2025, à l’âge de 91 ans, a annoncé, le lendemain, son fils Bruno Suard.
Fils d’ouvrier, né à Lons-le-Saunier en 1934, le futur PDG de la CGE a suivi le parcours classique d’un polytechnicien passé par l’Ecole nationale des ponts et chaussées. Après un poste d’ingénieur puis de directeur d’exploitation d’Aéroports de Paris entre 1963 et 1967, il devient chargé de mission au cabinet de Michel Debré (1912-1996), ministre de l’économie et des finances (1967-1968). Sa carrière entrepreneuriale, elle, débute vraiment en 1973, quand il entre à la CGE par la porte de sa filiale Câbles de Lyon, en difficulté. Il la redresse pour en faire le numéro un mondial du secteur, avant de diriger l’entité bien plus grosse des télécoms, Alcatel CIT, puis d’accéder à la vice-présidence du groupe. C’est l’époque où l’Etat-stratège modernise la France (centrales nucléaires, réseau téléphonique, TGV…) et où le conglomérat joue presque partout les premiers rôles.
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9 commentaires
Pierre Suard, une figure emblématique qui a marqué l’ère des grands conglomérats industriels.
Il est rare de voir un parcours aussi diversifié, entre ingénierie, politique et grand patronat.
Sa mort rappelle à quel point les décideurs industriels d’autrefois naviguaient entre succès et controverses, dans un contexte bien différent.
Aujourd’hui, les entreprises se perpétuent, mais la stabilité des postes dirigeants a bien changé.
Un grand nom de l’industrie s’éteint. On se souviendra de lui pour sa vision audacieuse mais aussi pour les leçons à tirer de sa fin de carrière.
La justice a fini par lui donner raison, mais ces années de bataille ont dû peser lourd.
Un départ tristement marqué par les controverses passées, mais Pierre Suard laisse une empreinte indélébile dans l’histoire industrielle française.
Vraiment, son parcours montre comment la vie peut être une succession d’ascensions et de chutes.
Son éviction a-t-elle influencé les stratégies futures des grands groupes français ?