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Le gouvernement péruvien a déclaré, vendredi 28 novembre dans la soirée, l’état d’urgence à la frontière avec le Chili et a annoncé envoyer des militaires pour renforcer les contrôles, craignant une vague de migrants fuyant la possible élection d’un président d’extrême droite.
Cette mesure doit être mise en place dans la région de Tacna (sud) pendant soixante jours, anticipant la possible victoire du candidat chilien d’extrême droite Jose Antonio Kast à l’élection présidentielle, qui a promis d’expulser les personnes en situation irrégulière.
« La police nationale du Pérou assure le maintien de l’ordre, avec le soutien des forces armées », précise un décret gouvernemental. Une cinquantaine de soldats seront déployés « immédiatement », a indiqué le ministre de l’intérieur péruvien, Vicente Tiburcio, ajoutant que cinquante autres les rejoindront début décembre.
Une vidéo publiée par le gouverneur de la région frontalière d’Arica, dans le nord du Chili, montre des dizaines de personnes tentant de rejoindre le Pérou, au niveau du poste-frontière de Chacalluta-Santa Rosa.
« On a peur qu’ils nous expulsent de force »
« Ils ne veulent pas nous laisser entrer au Pérou (…) on a peur qu’ils nous expulsent de force » du Chili, a déclaré sous couvert d’anonymat un migrant vénézuélien au média numérique The Clinic. La chaîne péruvienne Radio Tacna a diffusé de son côté des images de personnes avec des enfants dans les bras près du poste-frontière.
« Il y a eu une concentration de migrants souhaitant quitter le pays et qui ont rencontré des difficultés pour entrer au Pérou », a expliqué à la presse le ministre de la sécurité, Luis Cordero, sans préciser le nombre de personnes concernées.
Au Chili, l’ultraconservateur José Antonio Kast est favori du second tour de la présidentielle du 14 décembre face à la candidate de gauche Jeannette Jara. Il promet d’expulser les plus de 330 000 personnes en situation irrégulière au Chili, principalement des Vénézuéliens qu’il associe à la criminalité.
En avril 2023, le Pérou avait décrété pendant deux mois l’état d’urgence et la militarisation de ses frontières face à l’arrivée de migrants en provenance du Chili, auxquels il est exigé une documentation en règle pour entrer dans le pays. L’armée avait alors appuyé les opérations de la police.








6 commentaires
Des images inquiétantes montrent des migrants en situation difficile. La région de Tacna pourrait-elle devenir un nouveau point de crise?
Si le Pérou durcit sa position, cela pourrait effectivement empirer la situation.
Les tensions migratoires dans la région andine s’intensifient. Le Pérou prend des mesures montrent l’impact politique transfrontalier des élections chiliennes.
C’est vrai, mais le Pérou a-t-il les moyens d’éviter un exode massif si Kast gagne?
L’état d’urgence à la frontière semble disproportionné, surtout sans électoral chilien. Pourquoi une telle réaction préventive?
Peut-être par crainte de pertes économiques ou de perturbations sociales localement.