Listen to the article

0:00
0:00

Comment l’activité solaire a-t-elle pu perturber les commandes d’un avion ?

Les perturbations créées par l’activité solaire sur l’électronique de bord des avions sont relativement bien documentées. On parle de perturbations par une particule isolée (PPI, Single Event Effect en anglais), lesquelles sont généralement causées par un électron ou un proton très énergétique.

En traversant un composant électronique, la particule, qui est chargée électriquement, va perturber le signal électrique du système d’information de l’avion et altérer brièvement l’information portée par ce signal. Il peut en résulter, quand cette information a trait à un logiciel lié à la conduite de l’appareil, un changement brutal des commandes de l’avion.

Ces particules énergétiques sont éjectées à grande vitesse par le Soleil. La vaste majorité du temps, le champ magnétique terrestre nous protège des humeurs du Soleil en déviant la trajectoire du vent solaire. Mais lorsque ces particules sont émises à la suite d’une éjection de masse coronale, leur vitesse d’éjection peut attendre plusieurs milliers de kilomètres par seconde (contre 500 en temps normal).

La masse de matière qui atteint le champ magnétique terrestre, et sa vitesse créent une pression qui peut faire reculer celui-ci. Les lignes de champ se contractent alors, et les particules qui les empruntent peuvent occasionnellement réagir avec l’atmosphère terrestre à des latitudes moyennes (ce qui crée des aurores) ou le traverser, et frapper… l’électronique d’un avion.

Ce jeudi 30 octobre 2025, date de l’incident avec l’A320 de JetBlue entre Cancun et New York, l’activité géomagnétique due au Soleil, mesurée par l’indice K, a atteint 5,3 (sur une échelle de 9), ce qui suffit à la caractériser comme un orage géomagnétique mineur. Ce n’est pas rare, puisque ces dernières années, l’indice a atteint cette valeur à peu près une fois tous les 16 jours. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) indique quant à elle que sur l’intégralité du cycle solaire (environ 11 ans), la Terre passe environ un jour sur 4 en orage géomagnétique « mineur ».

Partager.

Salle de presse de TheNews.re. Nous couvrons l'actualité réunionnaise et internationale avec rigueur et objectivité. Notre mission : informer les citoyens avec des analyses approfondies sur la politique, la société, l'économie et la culture.

14 commentaires

  1. Pierre D. Durand le

    Reconnaissons le travail des ingénieurs et des scientifiques qui veillent à notre sécurité face à ces aléas naturels imprévisibles.

  2. Je ne mçekais pas la complexité des interactions entre l’activité solaire et nos systèmes électroniques. Merci pour ces éclaircissements techniques.

  3. Sophie C. Durand le

    Cette information montre à quel point nous dépendons de la technologie et recherchons à mieux comprendre ces interactions cosmiques. Souhaitons que les perturbations restent limitées.

  4. Intéressant de voir comment les phénomènes solaires peuvent affecter nos technologies modernes, même au sol. Est-ce que les avions sont spécialement vulnérables par rapport à d’autres moyens de transport ?

  5. Ces événements solaires rappellent à quel point notre environnement spatial est dynamique et parfois hostile. La résilience technologique est cruciale.

Laisser une réponse