Listen to the article
« Un vrai chef » capable de « remettre de l’ordre ». C’est, selon l’enquête annuelle « Fractures françaises », le souhait de 85 % de nos concitoyens. Avec une dette de l’ensemble des administrations qui dépasse 115 % du produit intérieur brut (PIB), et qui continue d’augmenter de trimestre en trimestre, l’exigence de remise en ordre s’applique tout particulièrement aux finances publiques.
Les choix en la matière relèvent de la responsabilité du Parlement, et le premier ministre, Sébastien Lecornu, a réaffirmé, le 24 novembre, sa préférence pour la recherche d’un compromis, plutôt que le recours aux instruments constitutionnels (article 49.3, vote bloqué, ordonnances…) qui lui permettraient de reprendre la main.
Mais le fait que, après cent vingt-cinq heures de discussions sur le volet « recettes », les députés n’aient réussi à s’accorder que pour additionner leurs refus, et rejettent, par 404 voix contre une (et 84 abstentions), le texte issu de leurs propres débats, ne peut que conforter la défiance des citoyens envers les institutions politiques.
Distinguer entre les sujets
Sur l’objectif d’un rééquilibrage, il n’y a pas de place pour un débat politique : un effort doit avoir lieu, en vue d’enrayer graduellement la progression du ratio d’endettement (dette publique rapportée au PIB) et de le stabiliser à un niveau qui dépendra du rythme de l’ajustement. En effet, poursuivre sur un sentier de hausse de ce ratio, c’est condamner notre pays – qui paye déjà ses emprunts d’Etat plus cher que l’Italie – à devoir conduire des efforts d’autant plus importants qu’ils seront tardifs.
Le montant de l’ajustement correspondant dépend de sa durée (cinq ans ou sept ans) et des hypothèses macroéconomiques retenues, mais les estimations disponibles le situent dans une fourchette resserrée comprise entre 100 milliards (Observatoire français des conjonctures économiques) et 112 milliards d’euros (Conseil d’analyse économique). C’est un point sur lequel les différents partis représentés au Parlement devraient rationnellement s’accorder.
Il vous reste 65.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











9 commentaires
La dette publique dépasse 115 % du PIB, c’est un signal alarmant. Quand le Parlement rejettera-t-il des mesures concrètes plutôt qu’un simple constat ?
Le compromet est nécessaire, mais l’inaction risque d’aggraver la situation à long terme.
La transparence des cibles à moyen terme pourrait effectivement clarifier les débats.
Rejeter un texte à une voix près montre combien les députés sont divisés. Comment sortir de l’impasse ?
La défiance citoyenne ne fera qu’augmenter si aucune solution n’émerge rapidement.
Peut-être en fixant des objectifs clairs et réalistes dès le départ.
Un chef capable de rétablir l’ordre est effectivement souhaité par la majorité. Reste à savoir si cela passera par des compromis ou des mesures fortes.
Les compromis peuvent ralentir l’action, mais évitent les blocages institutionnels.
Des mesures fortes sont peut-être nécessaires, mais le risque de divisions politiques est réel.