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Airbus, contraint de changer d’urgence un logiciel de commandes vulnérable sur des A320, a rapidement pu intervenir sur des milliers d’avions vendredi et samedi 29 novembre, tandis qu’une centaine d’entre eux devraient rester immobilisés plus longtemps. Aucun porte-parole d’Airbus n’était joignable samedi pour donner des chiffres.

« Je veux présenter nos excuses sincères à nos clients, les compagnies aériennes, et aux passagers qui sont actuellement touchés. Mais nous considérons que rien n’est plus important que la sûreté quand les gens empruntent l’un de nos appareils, comme le font des millions d’entre eux tous les jours », a écrit sur LinkedIn le PDG d’Airbus, Guillaume Faury.

Le ministre des transports français, Philippe Tabarot, s’est voulu rassurant, en donnant samedi des informations chiffrées sur la chaîne d’information BFM-TV. Cette vulnérabilité révélée vendredi faisait craindre de fortes perturbations sur le trafic aérien mondial, l’A320 étant l’appareil le plus vendu au monde. Entré en exploitation en 1988, il avait été livré fin septembre à 12 257 exemplaires.

Vendredi, Airbus communiquait le fait que quelque 6 000 d’entre eux étaient concernés par l’obligation « d’arrêter immédiatement les vols » le temps de remplacer ou de mettre à jour le logiciel. Samedi matin, M. Tabarot précisait sur BFM-TV que l’avionneur avait pu corriger la défaillance « sur plus de 5 000 appareils » vendredi et dans la nuit de vendredi à samedi.

Cette intervention a été jugée indispensable après un incident sur un vol de la compagnie américaine JetBlue le 30 octobre entre Cancun, au Mexique, et Newark, près de New York. L’appareil avait dû se poser en urgence à Tampa, en Floride, après avoir brutalement piqué vers le bas. Toute la flotte ne pourra pas immédiatement redécoller.

« D’après les dernières informations que je possède, mais Airbus pourra bien sûr et devra communiquer là-dessus, il semblerait qu’il y aurait beaucoup moins d’A320 qui seraient impactés plus durablement par le changement du logiciel, a déclaré le ministre, interrogé à l’aéroport de Nice. On avait évoqué la possibilité sur un millier d’appareils. Il semble qu’on ne parle maintenant que d’une centaine d’appareils. »

Perturbations limitées

Air France a dit samedi matin à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il pourrait dans la journée « transporter la totalité de ses clients, hors vols du réseau régional Caraïbes ». « La plupart des mises à jour logicielles ont déjà pu être effectuées dans la nuit et samedi matin. Aucune annulation de vol n’est prévue », a expliqué Lufthansa. La compagnie easyJet a annoncé n’avoir annulé aucun vol.

Le ministre de l’économie français, Roland Lescure, a précisé, toujours sur BFM-TV, que « pour l’immense majorité de ces avions », la mise à jour du logiciel « peut se faire à distance ; elle est assez rapide ». D’autres compagnies semblent plus touchées. Vendredi, la colombienne Avianca estimait que plus de 70 % de sa flotte était concernée, ce qui devrait engendrer des « perturbations importantes dans les dix jours à venir », écrivait-elle dans un communiqué. Ce transporteur a suspendu la vente de billets jusqu’au 8 décembre.

En Inde, le ministère de l’aviation a dénombré samedi soir 68 avions pour lesquels l’intervention restait à effectuer, soit 20 % de la partie de la flotte du pays affectée par le problème.

L’A320 est une gamme qui englobe également les modèles A318, A319 et A321. D’après le cabinet d’analyse du secteur de l’aviation Cirium, près de 9 400 de ces avions sont aujourd’hui en service dans le monde. Cela comprend 2 274 appareils A320 et 1 178 appareils A321 en Asie-Pacifique, ou encore 1 440 appareils A320 et 884 appareils A321 en Europe.

L’incident intervient en plein week-end de Thanksgiving aux Etats-Unis, quatre jours où les Américains sont très nombreux à prendre l’avion pour se retrouver en famille. Les compagnies aériennes américaines, qui se fournissent plus volontiers auprès de Boeing, faisaient état de répercussions limitées.

United Airlines a assuré normalement les vols de samedi, tandis qu’American Airlines n’avait plus que quatre avions immobilisés. Les A320 se vendent bien aux Etats-Unis chez les compagnies à bas coût, dont JetBlue. Cette compagnie a expliqué samedi à l’AFP faire « tout son possible pour minimiser les perturbations pour les clients ».

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5 commentaires

  1. Cette faille rappelle l’importance de la maintenance des systèmes logiciels dans l’aérospatial. Est-ce que des vérifications plus fréquentes seraient une solution préventive efficace?

  2. Camille E. Moreau le

    Enfin une prise de parole claire d’Airbus, même si les chiffres manquent encore. Les compagnies aériennes semblent avoir mené la mise à jour rapidement malgré tout.

  3. Louis W. Leroy le

    Une vulnérabilité sur un si grand nombre d’appareils est impressionnante. Je me demande si les assureurs aériens avaient anticipé ce type de risque dans leurs modèles.

  4. Chloé Bernard le

    Inquiétant de voir des centaines d’A320 immobilisés à cause d’une faille logicielle. J’espère qu’Airbus a effectivement corrigé le problème rapidement. Les passagers méritent des appareils sains et sûrs.

  5. Le PDG a raison, la sécurité doit toujours primer, mais les retards accumulés pourraient coûter très cher aux compagnies. Dommage pour les voyageurs bloqués pendant les fêtes.

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