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Un ou deux soirs par semaine, l’étroite salle du café Tarbutat accueille une bonne partie des derniers représentants de la gauche progressiste en Israël. Leur téléphone à la main, ils sont quelques dizaines, mardi 4 novembre un peu avant 20 heures, adossés aux murs bleus de l’établissement de Tel-Aviv pour écouter Hillel Cohen, professeur d’études moyen-orientales à l’Université hébraïque de Jérusalem. Au micro, devant la machine à espresso, le chercheur raconte son parcours d’ancien colon de Cisjordanie occupée, qui a rompu avec ce milieu avant de devenir une voix respectée sur l’histoire des Palestiniens, notamment à Jérusalem-Est.
Au comptoir, Aviva Ger, 74 ans, vient chercher un peu de réconfort dans ces conférences hebdomadaires. Fatiguée par la violence de la rhétorique politique israélienne et par la « haine », la comédienne de théâtre, militante pour les droits des Palestiniens depuis 1967, se réjouit de retrouver ici des connaissances et des amis qui n’ont pas « basculé dans un discours guerrier » après le 7-Octobre. La septuagénaire s’exprime en français, une langue qu’elle a apprise pendant ses cours auprès du metteur en scène Jacques Lecoq, à Paris, en 1982. Entre deux verres de blanc, l’actrice aime débattre de la création d’un Etat palestinien comme seule voie possible vers une paix durable. « Cet endroit est un îlot de gauchistes, sourit l’artiste avant de s’assombrir. C’est peut-être le dernier dans tout le pays… »
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10 commentaires
Le français se fait entendre dans des lieux inattendus, même en Israël. Un bel exemple de culture transnationale.
Oui, une preuve que les langues voyagent bien au-delà des frontières.
Ces conférences hebdomadaires semblent offrir un rare moment de sérénité dans un climat tendu. Comment font-ils pour continuer malgré tout ?
La passion pour le débat et la résistance au discours dominant, je suppose.
Je me demande comment Aviva Ger perçoit l’évolution de la société israélienne depuis 1967. Son expérience doit être riche.
Elle doit avoir vu des changements radicaux dans la mentalité politique.
Le témoignage d’Hillel Cohen est particulièrement poignant. Son parcours montre à quel point les mentalités peuvent évoluer.
Exact, son travail sur la Palestine est crucial pour comprendre les tensions actuelles.
Intéressant de voir comment les forums comme le café Tarbutat maintiennent le dialogue dans un contexte politique tendu. Ces espaces sont-ils vraiment sûrs en Israël aujourd’hui ?
Ils sont discrets, mais la polarisation actuelle rend chaque discussion risquée.